Lâcher prise à 2000m : comment la montagne a changé ma vie
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Récits

Lâcher prise à 2000m : comment la montagne a changé ma vie

L'équipe Alpinettes· 28 juillet 2026 6 min

Est-ce que tu as déjà eu cette sensation que ton cœur battait trop vite pour rien ? Pas le battement exalté d'un coup de foudre, mais celui, sourd et lancinant, d'une machine qui sature. Il y a un an, j'étais cette femme : une citadine ultra-connectée, jonglant entre des deadlines impossibles et une vie sociale millimétrée. Et puis, j'ai craqué. Pas un grand éclat, juste un silence. J'ai pris mes chaussures de rando, j'ai ouvert l'application Alpinettes, et je suis partie vers le Vercors.

L'illusion du contrôle et le premier souffle

On nous apprend qu'être une femme forte, c'est tout gérer. La carrière, le style, le feed Instagram parfait. Mais en montagne, ce vernis craque dès la première montée un peu raide. Face à la pente, ton titre de directrice artistique ou tes 10k abonnés ne valent plus rien. Ce qui compte, c'est ton souffle, la force de tes mollets et cette capacité à accepter que, non, tu ne maîtrises pas la météo ni la raideur du sentier.

La première fois que j'ai vu le soleil se lever sur les Hauts Plateaux du Vercors, j'ai pleuré. Pas de tristesse, mais de soulagement. La montagne ne te demande pas d'être performante, elle te demande d'être présente. C'est la forme ultime de méditation active. Chaque pas est une négociation avec soi-même, un abandon progressif des tensions inutiles.

Le soleil perce à travers les brumes matinales sur les crêtes du Vercors
Le soleil perce à travers les brumes matinales sur les crêtes du Vercors

La sororité : porter son sac, mais jamais seule

C'est là que le projet Alpinettes a pris tout son sens pour moi. J'avais peur de partir seule, peur de ne pas être à la hauteur physiquement. Sur l'application, j'ai rencontré Léa et Chloé. On ne se connaissait pas, mais on partageait ce besoin viscéral d'oxygène. Ensemble, nous avons arpenté le Beaufortain, ce petit coin de paradis entre Tarentaise et Val d'Arly.

Il y a une magie particulière dans la marche entre femmes. Les langues se délient, les masques tombent. On parle de nos doutes, de nos corps qui changent, de nos ambitions déçues ou de nos rêves secrets. On ne se juge pas sur notre allure après six heures de marche, les cheveux en bataille et le visage rougi par l'effort. Au contraire, c'est là que je me suis trouvée la plus belle : authentique, brute, vivante.

Les essentiels de mon sac de survie émotionnelle

  • Un carnet de notes : pour fixer ces idées qui ne viennent qu'au-dessus de 1500 mètres.
  • Une playlist « Power Girl » : pour les derniers mètres avant le col.
  • Des amandes au tamari : le snack réconfortant par excellence.
  • L'appli Alpinettes : pour ne jamais se sentir isolée, même au bout du monde.

Apprendre à écouter le silence (et ses propres limites)

Lâcher prise, c'est aussi accepter de faire demi-tour. Je me souviens d'une tentative vers le Grand Mont. Les nuages menaçaient, le vent se levait. Mon ancienne moi aurait forcé, par pur orgueil. Avec mes nouvelles copines de rando, on s'est regardées, et on a ri. On a décidé que le sommet n'était qu'un détail. On est redescendues se réfugier dans un petit chalet pour déguster un beaufort d'alpage et un thé fumant.

La montagne m'a appris que le chemin compte plus que la destination. C'est une leçon que j'applique désormais dans ma vie pro. Je ne cherche plus la perfection, je cherche la justesse. J'ai appris à ralentir quand mon corps me le demande, à savourer les pauses, et à regarder le paysage plutôt que ma montre.

Partage d'un moment de complicité et d'un pique-nique improvisé face au Mont-Blanc
Partage d'un moment de complicité et d'un pique-nique improvisé face au Mont-Blanc

Les rituels d'après-marche : le retour à la sensualité

Après l'effort, le réconfort n'est pas qu'un cliché, c'est un rituel sacré. Il y a cette sensation incroyable de retirer ses chaussures de marche et de sentir l'herbe fraîche sous ses pieds. Ou ce premier plongeon dans les eaux glacées d'un lac d'altitude en Maurienne. C'est un retour brutal et merveilleux aux sensations primaires.

Le soir, en refuge ou en van, on prend soin de nous. On se masse les pieds avec une huile à l'arnica, on partage nos photos, on planifie la prochaine aventure. La montagne a ce don de transformer des inconnues en sœurs de combat et de contemplation en l'espace d'un week-end.

Détail de mains serrant une tasse de café fumant devant un refuge de haute montagne
Détail de mains serrant une tasse de café fumant devant un refuge de haute montagne

Ma transformation n'est pas terminée, mais elle est en marche. Aujourd'hui, quand le stress parisien remonte, je ferme les yeux et je me visualise sur un sentier de Belledonne. Je sens l'odeur du pin cembro et le vent frais sur mes joues. Et je sais que je ne suis plus jamais seule.

Toi aussi, tu sens cet appel des sommets mais tu n'oses pas te lancer ? Rejoins la communauté Alpinettes. Que tu sois débutante ou montagnarde chevronnée, il y a forcément une copine qui t'attend quelque part entre Annecy et le Valais pour partager une rando, un rire, et peut-être, un nouveau départ. Viens, on t'emmène !

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